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Des chercheurs découvrent comment la négligence change le cerveau en développement et comment il est possible de renverser ces changements

Selon l’UNICEF, environ huit millions d’enfants vivent en milieu institutionnel de par le monde. Un grand nombre de ces enfants souffrent d’un vaste éventail de troubles cognitifs et du développement associés à la négligence physique et psychologique.

Dans un article récent publié dans la revue Proceedings of the National Academy of Science, une équipe de chercheurs dont Charles Nelson, membre d’un comité consultatif de l’ICRA et professeur à l’Université Harvard, a pour la première fois comparé le développement cérébral d’enfants en institution avec celui d’enfants qui avaient été envoyés en famille d’accueil tôt dans la vie. Les recherches avaient pour objectif de voir si le fait de retirer les enfants du milieu institutionnel pouvait renverser certains des troubles cognitifs et du développement qui se manifestaient au fil du développement.

Les chercheurs ont choisi 136 enfants âgés de 6 à 31 mois vivant en milieu institutionnel à Bucarest (Roumanie) et les ont séparés en deux groupes. On a placé la moitié d’entre eux dans des familles d’accueil de haute qualité et on a laissé l’autre moitié en milieu institutionnel. Douze ans plus tard, les chercheurs ont procédé à l’imagerie du cerveau des enfants des deux groupes. Les résultats ont démontré que des interventions positives, comme le placement en famille d’accueil, pouvaient modifier la trajectoire de développement de ces enfants.

L’imagerie cérébrale des enfants en milieu institutionnel a révélé qu’ils avaient un volume inférieur de substance blanche, comparativement aux enfants en famille d’accueil. La substance blanche, un tissu responsable de la cognition, met en lien les diverses aires cérébrales. On a établi des liens entre un faible volume de substance blanche et de nombreux troubles neurologiques et psychiatriques. Le volume de substance blanche des enfants placés en famille d’accueil était indifférenciable du volume présent dans un cerveau au développement normal, illustrant ainsi l’incroyable capacité du cerveau à récupérer.

« Ce projet est unique, dit le professeur Nelson, car il n’y a jamais eu d’essais contrôlés randomisés du placement en famille d’accueil comme intervention en cas d’institutionnalisation à un jeune âge. Il s’agit aussi de la première étude à réaliser l’imagerie du cerveau d’enfants actuellement en milieu institutionnel.»

L’équipe espère poursuivre ses recherches sur les deux groupes au fil de leur développement jusqu’à l’âge adulte.

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