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Les enfants autistiques ont des cerveaux différents

L’autisme, trouble jadis rarement observé et souvent mal compris, est aujourd’hui l’un des problèmes de santé publique les plus pressants.

La recherche scientifique met en lumière des gènes et des processus de développement cérébral spécifiques qui entrent en jeu dans l’autisme et qui laissent entrevoir la mise au point de nouveaux traitements.

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Connexions neuronales.
Image : Shutterstock

Une étude récente a révélé que le câblage cérébral des enfants autistiques est différent de celui des autres enfants. Une équipe de chercheurs, y compris le Conseiller Charles Nelson (Université Harvard), a découvert que les enfants autistiques ont de multiples connections redondantes entre des aires cérébrales voisines au dépens de liens sur de longues distances. Leurs résultats ont été publiés dans la revue BMC Medicine.

Pour procéder à l’analyse des réseaux neuronaux, l’équipe a fait appel à l’électroencéphalographie (EEG), méthode où l’on place plusieurs électrodes sur le cuir chevelu d’un enfant pour enregistrer l’activité électrique du cerveau. Les chercheurs ont ensuite utilisé un processus appelé la théorie des graphes pour analyser les enregistrements. La théorie des graphes est une représentation mathématique de réseaux qui a permis à l’équipe d’examiner le rendement des réseaux du cerveau dans leur ensemble, plutôt que d’étudier des connexions individuelles locales.

L’équipe a analysé l’enregistrement de l’EEG de deux groupes d’enfants autistiques : 16 enfants souffrant d’autisme classique et 14 enfants souffrant d’un autisme associé à un syndrome génétique, la sclérose tubéreuse. Ils ont comparé les EEG avec deux groupes témoins : 46 enfants neurotypiques en santé et 29 enfants atteints de sclérose tubéreuse, mais pas d’autisme.

Les chercheurs ont découvert que dans les deux groupes d’enfants autistiques, le trouble se caractérisait par une diminution de la connectivité à longue distance et une augmentation de la connectivité à courte distance. Ce résultat pourrait expliquer pourquoi les personnes autistiques peuvent traiter des données locales et simples, comme mémoriser le nom de gares de train, mais pas intégrer de l’information de zones éloignées qui aiderait le patient à comprendre, par exemple, qu’une voix qui s’élève et un visage grimaçant signalent la colère.

Maintenant que l’on a cerné ces connexions altérées, les chercheurs peuvent tenter de comprendre pourquoi l’autisme est associé à l’altération du câblage cérébral et comment cela influence le comportement.

Ces travaux ont été financés en partie par les National Institutes of Health, le National Institute of Mental Health, le National Institute on Deafness and Other Communication Disorders et le ministère de la Défense.

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