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Institutions, organisations et croissance

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Pourquoi certains pays sont-ils riches et d'autres pauvres?

Au fil de l’histoire, les économies du monde ont évolué avec des degrés divers de réussite. Leur rendement au fil du temps est largement influencé par des systèmes de gouvernance, comme les institutions politiques, les lois et même les normes culturelles qui guident l’échange de la richesse et du pouvoir dans la société. Les relations sont bidirectionnelles : le développement des pays entraîne des changements dans leurs institutions.

Aujourd’hui, nous sommes témoins d’immenses disparités entre les pays, alors que les nations doivent s’attaquer à divers enjeux, comme la compétitivité commerciale, la productivité, la pauvreté, l’inégalité, l’autocratie et l’anarchie. Les politiques et les réformes nécessaires pour améliorer la stabilité et la richesse des nations sont complexes, car elles doivent être en adéquation avec l’histoire et le contexte propres à chaque nation.

Le programme Institutions, organisations et croissance du CIFAR vise à transcender les limites des approches économiques traditionnelles et à offrir de nouveaux cadres pour mieux comprendre pourquoi certaines nations connaissent la réussite économique, alors que d’autres n’ont cessent d’échouer, pourquoi des institutions qui favorisent la croissance et le bien-être dans une culture, un emplacement ou une période historique sont moins efficaces ailleurs, et quelles sont les politiques qui optimiseront le progrès.

Depuis le lancement du programme en 2004, les chercheurs du programme sont au premier plan de l’intégration du rôle des institutions politiques et des mécanismes d’organisation d’une société à un cadre pour comprendre les possibilités de croissance économique et de développement.

Aujourd’hui, ils continuent à réaliser des avancées en regroupant et en exploitant de façon singulière des données issues d’un vaste éventail de domaines – économie, science politique, sociologie, anthropologie, psychologie et histoire – au sein d’une science sociale pleinement intégrée dotée d’une vision particulière de l’ordre social. En analysant le rôle que joue l’ordre social pour façonner le bien-être économique d’une nation, les chercheurs du programme visent à éclaircir comment au mieux relever certains des enjeux les plus difficiles que connaît le monde aujourd’hui, comme la pauvreté, l’inégalité, l’instabilité ou la violence. Les membres misent sur une myriade de méthodes et d’approches, y compris la modélisation théorique, l’analyse statistique de grands ensembles de données, des méthodes expérimentales (en laboratoire et sur le terrain), et l’analyse d’archives de données historiques originales. Le recours à des méthodes complémentaires pour l’étude d’une question de recherche crée davantage de connaissances que la somme des méthodes individuelles.

À l’avenir, le programme s’attaquera à trois grands défis analytiques :

  • Interaction entre les institutions et les règles officielles et non officielles;
  • Interaction entre la puissance de facto des personnes et des organisations sociales, la structure économique d’une nation et la puissance de jure de l’État et de ses institutions; et
  • La dimension internationale, y compris comment les décisions économiques et politiques dans un pays façonnent la trajectoire d’autres pays, et comment les intérêts des pays interagissent de façon dynamique au sein des organisations internationales

Comme d’importants virages politiques, sociaux et économiques transforment les nations de par le monde, l’urgence ou la possibilité d’une compréhension réelle de l’atteinte de la réussite et de l’échec n’a jamais été aussi grande. La masse de recherches menées par les membres contribue considérablement à une nouvelle compréhension du fait que les institutions ne sont pas des entités statiques, mais des forces dynamiques qui peuvent avoir une incidence sur les citoyens, les collectivités et le développement mondial, lesquels peuvent en retour influencer les institutions.

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Dans l’ouvrage Why Nations Fail, le Boursier principal Daron Acemoglu explore le rôle des institutions politiques et économiques que des événements critiques historiques comme la peste peuvent grandement influencer. (Illustration : The Triumph of Death par Brueghel l’Ancien)

Le travail des chercheurs du CIFAR peut aider de façon prospective les nations pauvres à sortir de la pauvreté et produire des résultats qui guideront les institutions internationales, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, vers un fonctionnement plus efficace. Des dirigeants mondiaux d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord se tournent souvent vers les membres du programme pour obtenir des conseils. Leurs travaux influencent les politiques nationales et internationales sur une variété d’enjeux, comme l’amélioration du développement économique et de l’aide internationale, et la gestion de la corruption politique et des conflits violents.

Le programme a pour objectif de mettre au point une approche intégrée pour l’étude des dynamiques institutionnelles qui façonnent la croissance économique. Pendant ses dix premières années, le programme a été au premier plan des études visant l’établissement d’un lien entre les structures politiques et sociales d’un pays, et ses possibilités économiques, et de démontrer qu’il n’y a pas de solution unique, car l’économie de chaque pays réagit différemment aux structures institutionnelles et organisationnelles en raison de son contexte historique particulier.

Les membres du programme explorent des règles officielles qui caractérisent les institutions, ainsi que des règles non officielles, et comment des modes comportementaux réels réagissent à ces règles. Cela s’explique par le fait que les institutions façonnent les incitatifs individuels par des dispositions officielles et juridiques, et aussi par des normes, des habitudes et des attentes non officielles. Par exemple, les différentes approches relatives au rôle de l’État aux États-Unis et en Europe sont profondément ancrées dans l’ordre social dont l’évolution s’est faite au fil de siècles et cela explique pourquoi des politiques, comme les interventions de redistribution à la scandinave, ou un système de soins de santé nationalisé, sont inacceptables pour plusieurs aux États-Unis.

Les membres ont publié un grand nombre d’articles et de livres sur une variété de thèmes qui examinent comment diverses variables influencent le progrès économique, notamment : effets de la gouvernance démocratique, impact de l’instabilité politique, nature du processus électoral, et rôle de la structure des régimes et de la capacité des États. Parmi les publications importantes en collaboration, notons : analyse du rôle d’institutions syndicales coercitives sur le commerce dans les Amériques (Dippel, Greif et Trefler), évolution historique des droits de propriété des femmes de par le monde (Anderson et Greif); bases de l’efficacité des organisations sans but lucratif (Besley et François); facteurs déterminants des grappes de développement sous la forme de pays riches avec de puissants États et des sociétés pacifiques (Besley et Persson); causes et conséquences économiques des insurrections par guérilla (Trebbi et Weese); fréquence et impact des chefferies féminines en Afrique (Anderson et Robinson); et analyse de l’incidence de l’impartition (Trefler et Helpman).

Un des résultats majeurs du programme est l’ouvrage, Why Nations Fail: Origins of Power, Poverty and Prosperity, publié en 2012 et rédigé en collaboration par le Boursier principal du CIFAR Daron Acemoglu et l’ancien Boursier principal du CIFAR James A. Robinson. L’ouvrage a été encensé par la critique, car il a établi une nouvelle théorie provocatrice qui cerne la différence entre les institutions exclusives et inclusives et qui explique pourquoi des pays aux ressources naturelles similaires suivent des trajectoires si différentes sur le plan du développement économique et politique. Les auteurs avancent que par-dessus tout, les institutions politiques – pas la culture, la religion ni les ressources naturelles – déterminent la richesse des nations, et que plus celles-ci sont inclusives et démocratiques, meilleures sont les chances de prospérité.

Le conflit armé est l’un des plus grands obstacles au développement économique dans les pays les plus pauvres et plusieurs d’entre eux sont aux prises avec une violence politique continue depuis leur indépendance après 1945. Le Boursier principal du CIFAR James Fearon a réalisé la première évaluation empirique de l’ampleur de ce phénomène dans ces pays depuis 200 ans. Selon ses résultats principaux, le conflit persiste dans certains pays, mais pas comme on le suppose généralement. Bien que les pays qui ont connu des guerres coloniales ou impériales au 19e siècle aient été le théâtre d’un plus grand nombre de guerres civiles après l’indépendance après 1945, rien n’indique que ces deux périodes mettaient en jeu les mêmes groupes ethniques.

Les membres du programme ont également mené des études empiriques pour évaluer comment les institutions et les organisations influencent les résultats économiques. Par exemple, le Boursier principal Joseph Henrich a réalisé des expériences en laboratoire et sur le terrain pour montrer qu’il était plus probable que les gens dans des sociétés dotées d’institutions en mesure de répondre aux besoins de base partagent de l’argent de façon impartiale, alors que ceux qui vivent dans des sociétés sans institutions fiables favoriseraient plutôt des membres de leur collectivité locale.

En plus de leurs travaux théoriques et analytiques, on a invité les Boursiers du CIFAR à commenter des décisions stratégiques clés lors de consultations ou de présentations avec des fonctionnaires au Canada, aux États-Unis, dans l’Union européenne, à Porto Rico, au Brésil et au Pakistan. En décembre 2013, par exemple, le codirecteur du programme Torsten Persson et les Boursiers principaux Daron Acemoglu et Philippe Aghion ont rencontré des fonctionnaires chinois pour les conseiller quant à l’importance des réformes institutionnelles pour la croissance économique.

 


ARTICLES NOTABLES

Acemoglu, D. et J. Robinson, Why Nations Fail: The Origins of Power, Prosperity and Poverty, Crown Business, 2012. SOMMAIRE

Aghion, P. et P. Howitt, The Economics of Growth, MIT Press, 2008. SOMMAIRE

Akerlof, G. et R. Kranton, Identity Economics, Princeton University Press, 2010. SOMMAIRE

Siwan A. et D. Ray, « Missing Women: Age and Disease », Review of Economic Studies 77 (2010) : 1262–1300. RÉSUMÉ

Bénabou, R. et J. Tirole, « Incentives and Prosocial Behavior », American Economic Review 96 (2006) : 1652-1678. RÉSUMÉ

Besley, T. et T. Persson, Pillars of Prosperity: The Political Economics of Development Clusters, Princeton University Press, 2011. SOMMAIRE

Greif, A. Institutions and the Path to the Modern Economy: Lessons from Medieval Trade, Cambridge University Press, 2006. SOMMAIRE

Helpman, E. (éd), Institutions and Economic Performance, Harvard University Press, 2008. SOMMAIRE

Jackson, M. Social and Economic Networks, Princeton University Press, 2008. SOMMAIRE

Tabellini, G. « Culture and Institutions: Economic Development in the Regions of Europe », Journal of the European Economic Association 8 (2010) : 677-716, 2010. RÉSUMÉ

Fondation

2004

Dates de renouvellement

2008, 2014

Partenaires de recherche

BMO Groupe financier

Collaborations interdisciplinaires

Économie
Science politique
Histoire économique et politique
Psychologie sociale
Anthropologie

Personne-ressource

Kate Geddie and Rachel Parker

Boursiers et conseillers

Directeurs de programme

Torsten Persson

Directeur ou directrice de programme

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Université de Stockholm
Suède

Francesco Trebbi

Directeur associé ou directrice associée de programme

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Canada
Boursiers

Daron Acemoglu

Boursier ou boursière

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États Unis

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Collège de France
France

George Akerlof

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Université Georgetown
États Unis

Siwan Anderson

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Université de la Colombie-Britannique
Canada

Roland Bénabou

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Université de Princeton
États Unis

Timothy Besley

Boursier ou boursière

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Royaume-Uni

Matilde Bombardini

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Université de la Colombie-Britannique
Canada

Melissa Dell

Boursier ou boursière

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Université Harvard
États Unis

Daniel Diermeier

Boursier ou boursière

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Université de Chicago
États Unis

Mauricio Drelichman

Boursier ou boursière

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Université de la Colombie-Britannique
Canada

Thomas Fujiwara

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Université de Princeton
États Unis

Joseph Henrich

Boursier ou boursière

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Université Harvard
États Unis

Ruixue Jia

Boursier ou boursière

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Université de la Californie à San Diego
États Unis

Daniel Trefler

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Université de Toronto
Canada

James Fearon

Boursier ou boursière

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Université Stanford
États Unis

Avner Greif

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Université Stanford
États Unis

Kim Hill

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Université d'état de l'Arizona
États Unis

M. Marit Rehavi

Boursier ou boursière

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Université de la Colombie-Britannique
Canada

Patrick Francois

Boursier ou boursière

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Université de la Colombie-Britannique
Canada

Elhanan Helpman

Membre distingué ou membre distinguée

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Université Harvard
États Unis

Matthew Jackson

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Université Stanford
États Unis

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Université Bocconi
Italie
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Université d'état de l'Arizona
United States

Roger B. Myerson

Conseiller ou conseillère

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Université de Chicago
United States

Kenneth Shepsle

Conseiller ou conseillère

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Université Harvard
United States
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Natalie Bau

Chercheur mondial ou chercheuse mondiale CIFAR-Azrieli 2016-2018

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Université de Californie à Los Angeles
Canada

Sara Lowes

Chercheur mondial ou chercheuse mondiale CIFAR-Azrieli 2017-2019

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Université de la Californie à San Diego
United States

Raul Sanchez de la Sierra

Chercheur mondial ou chercheuse mondiale CIFAR-Azrieli 2016-2018

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Université de Chicago
United States

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