{"id":21318,"date":"2018-07-19T14:29:33","date_gmt":"2018-07-19T18:29:33","guid":{"rendered":"https:\/\/cifar661.wpengine.com\/cifarnews\/2018\/07\/19\/en-conversation-le-microbiome-et-le-sentiment-de-soi\/"},"modified":"2025-12-18T05:47:21","modified_gmt":"2025-12-18T10:47:21","slug":"en-conversation-le-microbiome-et-le-sentiment-de-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cifar.ca\/fr\/cifarnews\/2018\/07\/19\/en-conversation-le-microbiome-et-le-sentiment-de-soi\/","title":{"rendered":"En conversation : Le microbiome et le sentiment  de soi"},"content":{"rendered":"<p>Une nouvelle compr&eacute;hension du microbiome humain &mdash; les milliards de microorganismes qui vivent en nous et autour de nous &mdash; a men&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation de nouvelles connaissances inattendues sur la sant&eacute; humaine, le d&eacute;veloppement et l&rsquo;&eacute;volution. <\/p>\n<p>Toutefois, selon Tobias Rees (Universit&eacute; de la Californie &agrave; Berkeley) et Thomas Bosch (Universit&eacute; de Kiel), tous deux Boursiers du CIFAR, les r&eacute;percussions de cette nouvelle compr&eacute;hension sont encore plus profondes et nous am&egrave;nent &agrave; nous demander ce que &ccedil;a signifie que d&rsquo;&ecirc;tre un &ecirc;tre humain. Rees, un anthropologue et Bosch, un biologiste sp&eacute;cialiste du d&eacute;veloppement et de l&rsquo;&eacute;volution, se sont rencontr&eacute;s par l&rsquo;entremise du programme Microbiome humain du CIFAR. Avec leur coll&egrave;gue, Angela E. Douglas, ils ont publi&eacute; un article dans <em>PLOS Biology<\/em> intitul&eacute; &laquo; How the Microbiome Challenges the Concept of Self &raquo;. <em>Reach<\/em> a r&eacute;alis&eacute; une entrevue avec les deux chercheurs sur leur travail. L&rsquo;entrevue a &eacute;t&eacute; adapt&eacute;e par souci de longueur et de clart&eacute;.<\/p>\n<p><strong><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cifar.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/hmb_tobiasrees.png\" data-displaymode=\"Original\" title=\" HMB_TobiasRees\" style=\"margin-bottom: 20px; margin-right: 20px;\"  \/>&nbsp;<br \/>\n<\/strong>Tobias Rees<strong><\/p>\n<p>Reach : Qu&rsquo;est-ce qui vous a d&rsquo;abord amen&eacute; &agrave; explorer ces id&eacute;es?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tobias Rees : <\/strong>Thomas et moi nous sommes rencontr&eacute;s en 2015 &agrave; la premi&egrave;re r&eacute;union du programme Microbiome humain. Thomas a donn&eacute; la premi&egrave;re pr&eacute;sentation. Il a demand&eacute; si le syst&egrave;me immunitaire est vraiment un syst&egrave;me de reconnaissance du soi et du non-soi, l&rsquo;hypoth&egrave;se classique. Cette hypoth&egrave;se avance que le syst&egrave;me immunitaire est en fait un syst&egrave;me de d&eacute;fense qui fait la distinction entre le soi et le non-soi ou un microorganisme, et dont la t&acirc;che est de tuer le non-soi.&nbsp;<\/p>\n<p>Il sugg&eacute;rait d&rsquo;&eacute;carter cette id&eacute;e du soi et du non-soi, et de voir le syst&egrave;me immunitaire plut&ocirc;t comme un m&eacute;taorganisme, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans l&rsquo;optique d&rsquo;un syst&egrave;me pleinement int&eacute;gr&eacute; entre le corps humain et nos cellules microbiennes. Thomas sugg&egrave;re que si on examine la question en fonction d&rsquo;un m&eacute;taorganisme, le non-soi ou la bact&eacute;rie fait partie du soi. Cons&eacute;quemment, cela fait s&rsquo;&eacute;crouler l&rsquo;id&eacute;e voulant que le syst&egrave;me immunitaire soit un syst&egrave;me de reconnaissance du soi et du non-soi, dont la t&acirc;che principale est de d&eacute;fendre l&rsquo;organisme. Se pourrait-il que la t&acirc;che principale du syst&egrave;me immunitaire ne soit pas d&rsquo;agir en d&eacute;fenseur, mais plut&ocirc;t de s&eacute;lectionner les microorganismes dont le m&eacute;taorganisme a besoin pour son &eacute;quilibre?&nbsp;<\/p>\n<p>Sa pr&eacute;sentation a suscit&eacute; d&rsquo;intenses discussions entre tous les membres, et Thomas et moi avons tous deux vigoureusement d&eacute;fendu l&rsquo;id&eacute;e que nous sommes compos&eacute;s de plus d&rsquo;un organisme. Dans le feu de la discussion est n&eacute;e une belle amiti&eacute;.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cifar.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/hmb_thomasbosch.png\" data-displaymode=\"Original\" title=\"Thomas Bosch\" style=\"margin-bottom: 20px; margin-right: 20px;\"  \/>&nbsp;<br \/>\nThomas Bosch<\/p>\n<p><strong>Thomas Bosch : <\/strong>Nous nous sommes tout de suite rendu compte que nous nous compl&eacute;tions bien. Je travaille dans les sciences naturelles et j&rsquo;ai besoin de conseils et d&rsquo;explications dans d&rsquo;autres domaines et particuli&egrave;rement en anthropologie. Et c&rsquo;est l&agrave; que Tobias peut m&rsquo;aider.<\/p>\n<p><strong>Reach : Quelles sont les nouvelles connaissances scientifiques qui ont men&eacute; &agrave; ces nouvelles id&eacute;es?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Bosch :<\/strong> Ce changement de paradigme se fonde sur un nouveau r&eacute;sultat selon lequel le syst&egrave;me immunitaire inn&eacute; et le syst&egrave;me immunitaire acquis se basent partiellement sur les microorganismes. Cela veut dire que les microorganismes constituent un &eacute;l&eacute;ment essentiel de notre syst&egrave;me immunitaire et que le non-soi fait partie de ce que l&rsquo;on croyait jadis &ecirc;tre le soi. &nbsp;<\/p>\n<p>On a toujours consid&eacute;r&eacute; le syst&egrave;me immunitaire comme l&rsquo;un des trois piliers de la d&eacute;finition du soi. Les deux autres sont le cerveau et le g&eacute;nome. Nous savons que la communaut&eacute; microbienne influence beaucoup le cerveau et aussi, bien s&ucirc;r, le g&eacute;nome. Nous avons d&eacute;couvert que 37 pour cent du g&eacute;nome humain est d&rsquo;origine bact&eacute;rienne.<\/p>\n<p>Cons&eacute;quemment, les donn&eacute;es dont nous nous sommes servies il y a vingt ou trente ans pour d&eacute;finir le soi individuel &mdash; c&rsquo;est-&agrave;-dire, le syst&egrave;me immunitaire, le cerveau et le g&eacute;nome &mdash; commencent &agrave; &ecirc;tre floues et il faut les revoir. Voil&agrave; l&rsquo;objectif de cet article.<\/p>\n<p><strong>Rees : <\/strong>Permettez-moi de r&eacute;agir &agrave; cela et, si &ccedil;a ne vous emb&ecirc;te pas, j&rsquo;aimerais que vous soyez mon cochon d&rsquo;Inde : Imaginez que l&rsquo;on ignore o&ugrave; vous finissez et o&ugrave; votre microbiome commence, comme s&rsquo;il y avait chevauchement.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Reach : D&rsquo;accord.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rees : <\/strong>Si cette affirmation est vraie, cela veut dire qu&rsquo;il existe un espace au milieu o&ugrave; tout se confond et o&ugrave; vous &ecirc;tes litt&eacute;ralement microbien. Peut-on revoir l&rsquo;organisme dans la perspective de cet espace o&ugrave; toute distinction est impossible? Voil&agrave; le d&eacute;fi qui s&rsquo;offre &agrave; nous. Les microorganismes qui vivent en vous et sur vous produisent des d&eacute;chets appel&eacute;s m&eacute;tabolites et ces m&eacute;tabolites jouent un r&ocirc;le actif dans la r&eacute;gulation g&eacute;nique. Ils ont particip&eacute; activement &agrave; la croissance de votre organisme quand vous &eacute;tiez b&eacute;b&eacute; et ils participent activement &agrave; de nombreuses fonctions organiques dans votre corps en ce moment m&ecirc;me. &nbsp;<\/p>\n<p>Cons&eacute;quemment, si nous r&eacute;fl&eacute;chissons &agrave; notre organisme en des termes &eacute;volutionnaires, ce chevauchement au milieu, cet espace o&ugrave; toute distinction est impossible, o&ugrave; vous &ecirc;tes litt&eacute;ralement microbien, voil&agrave; d&rsquo;o&ugrave; vous venez v&eacute;ritablement.<\/p>\n<p>&nbsp;Il y a environ trois milliards d&rsquo;ann&eacute;es, il n&rsquo;y avait que des bact&eacute;ries. Tous les organismes connus aujourd&rsquo;hui ont &eacute;volu&eacute; &agrave; partir de ce monde microbien. Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, ils ont &eacute;volu&eacute; &agrave; partir de ce monde microbien et au sein de ce monde microbien, un monde riche en m&eacute;tabolites. L&rsquo;&eacute;volution des organismes multicellulaires, et ensuite des plantes et des animaux, s&rsquo;est faite en pr&eacute;sence des bact&eacute;ries, et ces nouveaux organismes se sont prot&eacute;g&eacute;s de certaines bact&eacute;ries et en ont exploit&eacute; d&rsquo;autres.&nbsp;<\/p>\n<p>&#8230; les microorganismes constituent un &eacute;l&eacute;ment essentiel de notre syst&egrave;me immunitaire et que le non-soi fait partie de ce que l&rsquo;on croyait jadis &ecirc;tre le soi.\n<\/p>\n<p>Le fait d&rsquo;avoir reconnu que nous sommes des animaux aux origines microbiennes et que nous vivons dans un monde microbien nous a amen&eacute;s &agrave; reconceptualiser le syst&egrave;me immunitaire, le cerveau et le g&eacute;nome.&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est depuis les ann&eacute;es 1930 que s&rsquo;est fermement &eacute;tablie l&rsquo;id&eacute;e que le syst&egrave;me immunitaire n&rsquo;est qu&rsquo;un syst&egrave;me qui d&eacute;fend nos fronti&egrave;res contre le non-soi. Et plus tard, dans une s&eacute;rie d&rsquo;articles, principalement de Sarkis Mazmanian, Margaret McFall-Nga et<br \/>\nThomas, une conceptualisation diff&eacute;rente du syst&egrave;me immunitaire a vu le jour. Comme nous reconnaissons que les microorganismes font partie du syst&egrave;me immunitaire, ces chercheurs ont sugg&eacute;r&eacute; qu&rsquo;on pourrait reconceptualiser le syst&egrave;me immunitaire comme un syst&egrave;me de gestion &eacute;cologique conjoint, conserv&eacute; au cours de l&rsquo;&eacute;volution, entre les microorganismes et les cellules humaines.&nbsp;<\/p>\n<p>Vous pouvez voir un processus de reconceptualisation similaire avec le cerveau. Jusqu&rsquo;&agrave; r&eacute;cemment, la neurobiologie tendait &agrave; voir le cerveau comme un syst&egrave;me ferm&eacute;, s&eacute;par&eacute; du reste de l&rsquo;organisme par la barri&egrave;re h&eacute;matoenc&eacute;phalique. Et ensuite, il y a quelques ann&eacute;es seulement, les chercheurs ont d&eacute;couvert que, premi&egrave;rement, il y a une voie de communication directe entre les bact&eacute;ries intestinales et le cerveau et que, deuxi&egrave;mement, bon nombre de neurotransmetteurs dans le cerveau semblent &ecirc;tre synth&eacute;tis&eacute;s par des bact&eacute;ries intestinales.&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est un peu plus compliqu&eacute;, car il ne s&rsquo;agit pas des neurotransmetteurs en tant que tels, mais de leurs pr&eacute;curseurs. N&eacute;anmoins, si l&rsquo;on tient compte de cela, on ne peut plus dire que le cerveau est, comme on l&rsquo;avait pr&eacute;sum&eacute;, un syst&egrave;me ferm&eacute;. Au contraire. En fait, si les microorganismes font partie du syst&egrave;me nerveux, c&rsquo;est un peu comme si les d&eacute;couvertes des chercheurs sur le microbiome nous permettaient de dire que le cerveau se prolonge en dehors de lui-m&ecirc;me, comme si le cerveau &mdash; traditionnellement vu comme un autre lieu du soi &mdash; &eacute;tait ins&eacute;parablement li&eacute; aux microorganismes intestinaux qui correspondent au non-soi.&nbsp;<\/p>\n<p>Et le troisi&egrave;me exemple, c&rsquo;est le g&eacute;nome. Comme Thomas l&rsquo;a dit, environ 37 pour cent des g&egrave;nes de notre g&eacute;nome ont des homologues chez la bact&eacute;rie, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;ils ont d&eacute;j&agrave;<br \/>\nexist&eacute; chez la bact&eacute;rie et qu&rsquo;ils sont d&rsquo;origine bact&eacute;rienne. Et bien que notre g&eacute;nome nucl&eacute;aire compte environ 23 000 g&egrave;nes, notre&nbsp;microbiome en compte jusqu&rsquo;&agrave; 20 000 000, dont un grand nombre semble faire partie, d&rsquo;une fa&ccedil;on ou d&rsquo;une autre, de notre physiologie normale. Comme Thomas l&rsquo;a particuli&egrave;rement d&eacute;montr&eacute; dans ses travaux sur l&rsquo;hydre, un grand nombre des voies d&rsquo;interaction entre le g&eacute;nome et le microbiome ont &eacute;t&eacute; conserv&eacute;es au cours de l&rsquo;&eacute;volution.<\/p>\n<p>C&rsquo;est fou, non?<\/p>\n<p>Encore une fois, le d&eacute;fi est de comprendre que ce que l&rsquo;on appelait le soi, le g&eacute;nome, est ins&eacute;parablement int&eacute;gr&eacute; au non-soi, c&rsquo;est-&agrave;-dire le microbiome.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Reach : Vous voyez cela comme une fa&ccedil;on profond&eacute;ment diff&eacute;rente de voir l&rsquo;humain. Nous n&rsquo;avons pas que repouss&eacute; les fronti&egrave;res juste un peu plus loin, il s&rsquo;agit plut&ocirc;t d&rsquo;un changement majeur dans notre conception de soi, n&rsquo;est-ce pas?&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rees&nbsp; : <\/strong>&Ccedil;a pourrait en effet repr&eacute;senter un grand changement. Les gens peuvent choisir d&rsquo;igno- rer la chose ou les gens peuvent commencer &agrave; se renseigner. Cela red&eacute;finit notre place sur la plan&egrave;te, notre compr&eacute;hension de nous-m&ecirc;mes.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bosch : <\/strong>L&rsquo;hypoth&egrave;se de Darwin a plac&eacute; les humains dans le contexte d&rsquo;autres organismes vivants et la vie humaine n&rsquo;est rien de plus qu&rsquo;un autre organisme, un autre animal. Et la recherche sur le microbiome dit maintenant &agrave; peu pr&egrave;s la m&ecirc;me chose. Les gens disent, &laquo; Bon sang, nos cellules sont en minorit&eacute; dans notre organisme et les cellules microbiennes sont en majorit&eacute; &raquo;. Cons&eacute;quemment, nous fonctionnons gr&acirc;ce &agrave; la somme de ces parties, voil&agrave; ce que nous sommes vraiment.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Rees : <\/strong>Et je peux aller encore plus loin, car, comme l&rsquo;a dit Thomas, nous &eacute;tions pour Darwin des organismes biologiques parmi des organismes biologiques, mais nous pourrions quand m&ecirc;me avoir une existence distincte. Toutefois, avec le microbiome, il s&rsquo;agit d&rsquo;une impossibilit&eacute;. Nous sommes compl&egrave;tement et inextricablement li&eacute;s au monde microbien dans lequel nous vivons.<\/p>\n<p>Les microorganismes produisent l&rsquo;air que nous respirons, les microorganismes sont &agrave; la base de la biog&eacute;ochimie dont nous avons besoin quand nous mangeons des plantes ou que des animaux mangent des plantes. Comment peut-on revoir ce que &ccedil;a veut dire que d&rsquo;&ecirc;tre humain, de vivre sur la plan&egrave;te, comment peut-on revoir la politique dans l&rsquo;optique de donner aux microbes, pour ainsi dire, leur juste part? Cela ne veut pas dire que les microorganismes devraient voter, mais cela veut dire que les enjeux politiques vont bien plus loin que l&rsquo;humain, et quand on parle de la soci&eacute;t&eacute;, on pourrait aussi revoir ce que vivre ensemble signifie. Qui vit avec qui?&nbsp;<\/p>\n<p>    p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 6.0px 0.0px; text-align: right; font: 18.0px &lsquo;Circular Std&rsquo;; color: #e94531}<\/p>\n<p>Le d&eacute;fi est de reconceptualiser l&rsquo;humain en fonction des connaissances produites par le microbiome et faire ainsi du microbiome un type de domaine philosophique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si je peux me permettre de faire un commentaire provocateur, je dirais que cette figure de l&rsquo;humain, distinct du reste du monde, comme le d&eacute;finit notre esprit, par la signification que nous en tirons, cette figure de l&rsquo;humain n&rsquo;existe pas r&eacute;ellement dans la nature. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une abstraction artificielle.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bosch : <\/strong>Si je puis ajouter, voil&agrave; exactement ce que l&rsquo;on peut dire maintenant de tout processus fondamental de la vie. La vie multicellulaire a vu le jour il y a 3,5 milliards d&rsquo;ann&eacute;es dans des biofilms de microorganismes qui ont tout invent&eacute; en mati&egrave;re de communications, de comp&eacute;tition, de synergie, de coop&eacute;ration. &nbsp;<\/p>\n<p>Toutes ces caract&eacute;ristiques &eacute;taient pr&eacute;sentes &agrave; un niveau &eacute;lev&eacute; de sophistication et, &agrave; un moment donn&eacute;, il y a eu &eacute;volution vers la multicellularit&eacute;. Cons&eacute;quemment, je crois qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;histoire de la cellule et de l&rsquo;&eacute;volution qui se tient, sauf &agrave; la lumi&egrave;re du microbiome, car les microorganismes &eacute;taient l&agrave; avant nous, et ce &laquo; nous &raquo; inclus les formes animales les plus simples qui existent sur Terre.<\/p>\n<p><strong>Rees : <\/strong>En quelque sorte, Thomas a excentr&eacute; l&rsquo;humain, il l&rsquo;a retir&eacute; du centre du monde pour le mettre un peu sur le c&ocirc;t&eacute;. Cette reconceptualisation de l&rsquo;humain en fonction du monde microbien est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui m&rsquo;intrigue. Voil&agrave; tout un d&eacute;fi pour les sciences humaines, la philosophie et l&rsquo;anthropologie.<\/p>\n<p><strong>Reach : Croyez-vous que cela s&rsquo;ins&egrave;re dans une conversation philosophique plus large sur l&rsquo;identit&eacute; humaine et notre place dans l&rsquo;Univers? Par exemple, d&rsquo;apr&egrave;s ce que je comprends, le bouddhisme a toujours vu le soi comme une illusion.&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rees : <\/strong>Je dirais qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;une question bien plus compliqu&eacute;e qu&rsquo;il n&rsquo;y para&icirc;t. &Agrave; premi&egrave;re vue, la r&eacute;ponse est simplement oui. En fait, en collaboration avec un autre membre du CIFAR, Liping Zhao, j&rsquo;organise un atelier en Chine o&ugrave; se r&eacute;uniront des philosophes traditionnels chinois, des sp&eacute;cialistes orientaux et occidentaux du microbiome et quelques philosophes occidentaux pour parler de la figure de l&rsquo;humain qui &eacute;merge des recherches sur le microbiome et qui est clairement en ad&eacute;quation avec des concepts de la m&eacute;decine chinoise traditionnelle.&nbsp;<\/p>\n<p>Cela dit, il importe de noter et de comprendre que la philosophie chinoise classique et la recherche sur le microbiome sont des domaines diff&eacute;rents qui s&rsquo;articulent autour d&rsquo;objectifs diff&eacute;rents. L&rsquo;un concerne la science, l&rsquo;autre, la sagesse. La philosophie chinoise n&rsquo;a pas &agrave; &ecirc;tre v&eacute;rifi&eacute;e par la recherche sur le microbiome &mdash; et la recherche sur le microbiome n&rsquo;a pas &agrave; &ecirc;tre confirm&eacute;e par la philosophie chinoise. Mais je le r&eacute;p&egrave;te, il y a des correspondances &agrave; faire. Il en va aussi de m&ecirc;me, par exemple, pour la recherche sur le microbiome et l&rsquo;histoire de la peinture de paysages en Europe &mdash; vous n&rsquo;avez qu&rsquo;&agrave; penser &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre du peintre C&eacute;zanne et aux corps nus qu&rsquo;il peint et qui se fondent dans l&rsquo;environnement sans y perdre leur contour. Il y a plusieurs traditions pareilles o&ugrave; l&rsquo;on peut reconceptualiser l&rsquo;humain et le monde naturel. Plut&ocirc;t que de les confondre toutes, je m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; leurs diff&eacute;rences et aux correspondances qui en &eacute;manent gr&acirc;ce &agrave; ces diff&eacute;rences.<\/p>\n<p><strong>Reach : Si je vous demande de porter cette id&eacute;e encore plus loin, est-ce que cela cr&eacute;e un sentiment de soi qui est pleinement en lien avec le reste de la nature, de telle sorte qu&rsquo;un sentiment d&rsquo;identit&eacute; distinct &eacute;quivaudrait &agrave; une mauvaise compr&eacute;hension de qui nous sommes? &nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rees :<\/strong> Je crois que nous sommes des morceaux de la nature et rien d&rsquo;autre. En fait, nous sommes des morceaux complexes de mati&egrave;re microbienne. Voil&agrave; une chose qui fait peut-&ecirc;tre controverse en sciences humaines. Au 17e si&egrave;cle, le concept de l&rsquo;humain qui est plus qu&rsquo;un simple animal et qui se distingue qualitativement d&rsquo;une simple machine &eacute;merge. Et des auteurs, comme Descartes et plusieurs autres apr&egrave;s lui pensaient que tous les animaux et toutes les plantes &eacute;taient un peu comme des machines. Cela veut aussi dire que la nature &mdash; qui inclut le corps humain &mdash; peut se d&eacute;crire en termes de math&eacute;matiques et de m&eacute;canique. Toutefois, comme nous sommes dou&eacute;s de raison, nous ne pouvons pas d&eacute;crire l&rsquo;esprit humain en termes de math&eacute;matiques et de m&eacute;canique.&nbsp;<\/p>\n<p>Cons&eacute;quemment, quand on dit aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;humain n&rsquo;est qu&rsquo;un morceau de la nature, on semble alors sugg&eacute;rer que les sciences humaines sont ill&eacute;gitimes, ou qu&rsquo;elles ont tort, ou qu&rsquo;elles se fondent sur une illusion ou que le savoir ou la sagesse qu&rsquo;elles ont recueillis ne sont pas pertinents, et je crois que cela n&rsquo;est pas le cas du tout.<\/p>\n<p>Je crois qu&rsquo;au contraire, le d&eacute;fi est de reconceptualiser l&rsquo;humain en fonction des connaissances produites par le microbiome et faire ainsi du microbiome un type de domaine philosophique. Autrement dit, si l&rsquo;enjeu de l&rsquo;&eacute;tude des microorganismes c&rsquo;est l&rsquo;humain, cela veut dire que les sp&eacute;cialistes du microbiome doivent apprendre &agrave; parler aux sp&eacute;cialistes des sciences humaines, et que les sp&eacute;cialistes des sciences humaines doivent apprendre &agrave; parler aux sp&eacute;cialistes du microbiome, et explorer ce domaine en collaboration.&nbsp;<\/p>\n<p>    p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 6.0px 0.0px; font: 16.0px &lsquo;Circular Std&rsquo;; color: #e94531}<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une nouvelle compr&eacute;hension du microbiome humain &mdash; les milliards de microorganismes qui vivent en nous et autour de nous &mdash; a men&eacute; &agrave; la cr&eacute;ation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":65,"featured_media":31433,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[927,1851,4173],"tags":[2100,4639,2103,2102],"class_list":["post-21318","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recherche","category-revue-reach","category-revue-reach-2018","tag-biologie","tag-reach-fr","tag-thomas-bosch","tag-tobias-rees"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.2 - 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