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Heather Graham remet en question les hypothèses sur la nature possible de la vie

En réfléchissant à l’éventuelle évolution différente de formes de vie sur d’autres planètes, elle fait en sorte que nous puissions faire confiance aux futures découvertes alléguées de vie extraterrestre.

Heather Graham, boursière du CIFAR, est animée d’une curiosité insatiable et d’une étrange capacité à repérer les hypothèses bancales que le reste du monde accepte d’emblée.

Prenons par exemple les plantes qui poussent dans le sous-bois ombragé des forêts. Au cours de son doctorat, Graham a étudié le moment où les plantes ont acquis la capacité de pousser à l’ombre. « Elles vivent naturellement là où il y a peu de nourriture, dit-elle. C’est un peu fou. Ce qui est encore plus bizarre, c’est qu’il semble que cette capacité soit d’apparition assez récente ». En étudiant des fossiles de plantes à graines datant de l’époque de la disparition des dinosaures, elle a découvert que la capacité de pousser à l’ombre est apparue à la fin du Crétacé.

En raison de son enthousiasme pour le monde qui l’entoure, Graham s’est intéressée aux arts, à la construction de bateaux et à la botanique avant de se lancer dans une carrière scientifique. Son parcours l’a menée à l’université plus tardivement que beaucoup de ses pairs.

« Je suis un peu nouvelle dans le milieu, dit Graham. J’ai commencé l’université à 30 ans. »

C’est l’idée que les composés chimiques puissent s’organiser en formes de vie et évoluer sur des milliards d’années pour s’adapter à leur planète qui a mené Graham à la science.

Elle est maintenant boursière au sein du programme Terre 4D : Science et exploration du sous-sol du CIFAR et chercheuse au Goddard Space Flight Centre de la NASA, où elle étudie les biosignatures agnostiques : des signes de vie qui ne supposent pas que la vie doit évoluer comme elle l’a fait ici sur Terre. 

« L’interaction entre une planète et la vie me fascine, dit Graham. Je suis sûre qu’en présence d’un système physique différent, il y aura toute une série d’interactions différentes. La négociation entre la planète et l’organisme sera complètement différente et dictera les règles de la biologie compétitive. »

 

Les réunions du programme Terre 4D : Science et exploration du sous-sol du CIFAR ont beaucoup stimulé Graham, même au beau milieu d’une pandémie. La première réunion en personne, en novembre 2019, a donné lieu à plusieurs idées qui ont débouché sur des projets dotés de fonds Catalyseur et qui explorent des orientations prometteuses pour la recherche future.

« Nous nous sommes réunis, nous avons discuté et nous avons débattu de folles idées, explique Graham. J’adore avoir un forum pour faire ça. Nous avons vraiment pu faire preuve de créativité. »

L’un des projets dotés de fonds Catalyseur, réalisés avec les boursières du CIFAR Bénédicte Ménez (Université Paris Diderot) et Magdalena Osburn (Université Northwestern), vise à découvrir des lieux naturels qui ne soutiennent pas la vie.

« Il y a cette idée à la Geoff Goldblum selon laquelle la vie finit toujours par triompher, explique Graham. Mais c’est faux. Il y a des niches sur notre planète qui sont complètement inhabitées et qui suscitent beaucoup d’intérêt. Qu’est-ce qui a brisé la vie dans ces endroits? »

Les orientations de recherche de Graham peuvent sembler contre-intuitives : trouver des moyens de chercher la vie telle que nous ne la connaissons pas et chercher des endroits où elle n’existe pas. Ses travaux ouvrent la voie à des découvertes de vie sur d’autres mondes auxquelles nous pourrons prêter foi. Les recherches importantes de Heather Graham, jumelées à son enthousiasme contagieux et à son esprit de collaboration, font d’elle un brillant cerveau au sein de la communauté du CIFAR. 

 


Photographie supplémentaire fournie par nasa.com

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