Dans le cadre d’une orientation plus ciblée de son portefeuille de recherche mondial, le CIFAR renouvelle six programmes
Le CIFAR a annoncé les résultats du dernier examen de ses programmes de recherche, confirmant sa mission de soutenir la recherche interdisciplinaire et audacieuse, axée sur certains des défis les plus urgents auxquels font face la science et l’humanité.
À l’issue d’un processus d’examen approfondi, y compris des évaluations par des comités d’experts indépendants et le conseil de recherches du CIFAR, le conseil d’administration a approuvé le renouvellement de six programmes de recherche. Ces décisions se fondent sur le modèle exceptionnel du CIFAR qui est axé sur les « défis qui se profilent à l’horizon » et dont la résolution, peu probable par des progrès graduels, requiert une approche collaborative à long terme.
Les programmes renouvelés englobent de nombreuses disciplines
Les programmes suivants ont fait l’objet d’un renouvellement afin de poursuivre leur travail transformateur :
- Frontières, groupe et appartenance : Ce programme explore comment les limites entre « nous » et « eux » se tracent et sont contestées dans différentes sociétés, et pourquoi ces limites sont au cœur des défis actuels en matière de démocratie, de migration, de solidarité, de préjugés et de violence. Par le rassemblement de philosophes, de juristes et de spécialistes des sciences sociales, le programme examine comment le progrès vers des sociétés plus inclusives requiert des visions convaincantes de l’appartenance. L’une des caractéristiques distinctives du programme tient à sa volonté de faire dialoguer les perspectives du Sud global et des peuples autochtones avec les sciences sociales occidentales traditionnelles.
- Cerveau, esprit et conscience : Ce programme intègre la perspective de la neuroscience, de la philosophie, de l’intelligence artificielle et de la psychologie du développement pour étudier la nature de la conscience chez les êtres humains, les animaux non humains et les systèmes biologiques synthétiques. Le programme cherche à cerner les fonctions évolutives de l’expérience consciente, à mettre au point des marqueurs cliniques et computationnels pour la détecter, et à caractériser la riche diversité de l’expérience humaine.
- Terre 4D : Science et exploration du sous-sol : Cette équipe multidisciplinaire met à profit la géologie, la chimie et la science planétaire pour étudier le vaste monde inexploré des profondeurs de la Terre, ainsi que la façon dont les systèmes terrestres servent de modèles pour comprendre l’habitabilité d’autres planètes. Les recherches de ce programme nous aident à mieux comprendre les ressources terrestres, le cycle de l’eau et la capacité d’une planète à soutenir la vie au fil de son évolution et de ses changements.
- Règne fongique : Menaces et possibilités : Des spécialistes du programme étudient la complexité des organismes fongiques, en tant qu’agents pathogènes mortels et membres essentiels de l’écosystème. Leurs travaux cherchent à atténuer les menaces fongiques tout en exploitant leur extraordinaire potentiel.
- Microbiome humain : Ce programme réunit des spécialistes des sciences sociales et des biologistes en vue de redéfinir en profondeur les notions de bien-être et de santé dans une perspective centrée sur le microbiome. Il a pour objectif de définir, de mesurer et d’améliorer la santé microbienne intégrée chez l’être humain et dans l’environnement.
- Innovation, équité et avenir de la prospérité : Riche d’une expertise en sciences sociales, en sciences humaines et en ingénierie, ce programme fait progresser la recherche sur les innovations prédistributives (IPD) – des technologies et systèmes sociotechniques qui orientent les marchés vers l’équité – en mettant l’accent de manière empirique sur l’IA, les soins et le logement. Son objectif est de créer des boucles de rétroaction inclusives et positives entre l’innovation et les politiques publiques qui atténuent les inégalités plutôt que de les exacerber.
« Ces décisions témoignent à la fois de la qualité des programmes et de l’importance d’un processus d’examen rigoureux et exhaustif », a déclaré Kate Geddie, directrice générale de la recherche au CIFAR. « En réunissant des spécialistes indépendants et le conseil de recherches, nous veillons à ce que le portefeuille du CIFAR continue d’évoluer de manière à soutenir des idées audacieuses et interdisciplinaires, susceptibles d’avoir un impact considérable. »
« Au nom du CIFAR, je tiens à féliciter les membres de ces programmes », a déclaré Stephen Toope, président et chef de la direction du CIFAR. « Le renouvellement de ces programmes témoigne d’un engagement commun envers une vision à long terme et célèbre le potentiel transformateur de leurs recherches au profit de l’avancement des connaissances à l’échelle mondiale. »
Célébrer les contributions du programme Accélération de la décarbonisation
Dans le cadre du processus d’examen régulier, le conseil d’administration a aussi pris la difficile décision de mettre fin au programme Accélération de la décarbonisation du CIFAR le 31 mars 2027. La conclusion d’un programme fait partie intégrante du processus d’examen du CIFAR et reflète l’approche globale que nous préconisons pour évaluer les renouvellements, notamment l’harmonisation avec notre modèle interdisciplinaire.
Par l’exploration des fondements scientifiques de la décarbonisation, le programme Accélération de la décarbonisation a ouvert la voie à des découvertes qui nous mèneront vers un avenir carboneutre. Parmi ses réalisations, mentionnons :
- Accélération de la capture réactive de carbone : Grâce à la mise en commun d’une expertise universitaire et industrielle, le programme a perfectionné des technologies avancées qui convertissent directement le CO2 capturé en combustibles utiles, éliminant ainsi les étapes de récupération énergivores. Ces travaux ont contribué à la création de Sora Fuel, une entreprise qui commercialise des réacteurs électrochimiques permettant de transformer le carbone capturé en combustibles liquides, et ils ont aussi suscité d’importants investissements internationaux et des appuis gouvernementaux.
- Innovation en photosynthèse artificielle : En misant sur les travaux réalisés lors de la première phase du programme, alors intitulé Énergie solaire bioinspirée, les membres ont mis au point des concepts de transformations chimiques utiles sur le plan énergétique et basées sur la biologie. Ces travaux ont jeté les bases de technologies intégrées qui transforment la lumière du soleil, l’eau et le CO2 en combustibles durables.
« Le programme Accélération de la décarbonisation a réuni une communauté de scientifiques au talent exceptionnel qui ont profondément transformé notre compréhension de la façon de lutter contre la crise climatique à une échelle fondamentale », explique Geddie.
« Leurs travaux laissent une marque indélébile sur le paysage mondial de la recherche, en posant les bases scientifiques de technologies appelées à devenir les piliers d’un avenir carboneutre », ajoute-t-elle. « Nous sommes fiers de l’impact de ce programme et nous réjouissons de célébrer ses réalisations dans le cadre de notre travail continu visant à façonner l’avenir. »
Regard vers l’avenir
Le CIFAR continue de gérer un ensemble dynamique de programmes de recherche, auxquels participent plus de 500 des plus remarquables scientifiques du monde. Le processus d’examen des programmes demeure la pierre angulaire de la stratégie du CIFAR et, en 2027-2028, nous procéderons à l’examen de trois programmes de recherche.