Frontières, groupes et appartenance
Est-il possible d’avoir un monde sans distinction entre « nous » et « eux »?
Ce programme explore comment les limites entre « nous » et « eux » se tracent et sont contestées à travers les sociétés, et pourquoi ces limites sont au cœur des défis actuels en matière de démocratie, de migration, de solidarité, de préjugés et de violence. Par le rassemblement de philosophes, de juristes et de spécialistes des sciences sociales, le programme examine comment le progrès vers des sociétés plus inclusives requiert des visions convaincantes de l’appartenance. Ce programme conjugue les sciences sociales fondées sur les résultats probants qui explorent le fonctionnement du monde et une réflexion normative opportune sur ce que devraient faire les sociétés. L’une des caractéristiques distinctives du programme tient à sa volonté de faire dialoguer les perspectives du Sud global et des peuples autochtones avec les sciences sociales occidentales traditionnelles.
PÔLES D’IMPACT
Le programme Fromtières, groupes et appartenance fait partie de pôle d’impact suivant du CIFAR : Bâtir des sociétés florissantes. Les programmes de recherche du CIFAR s’articulent autour de cinq pôles d’impact distincts qui traitent de grandes questions d’envergure mondiale et visent à favoriser un environnement propice à l’émergence de percées.
POINTS FORTS DE LA RECHERCHE ET DE L’IMPACT SOCIÉTAL
Détecter et briser le cycle de la haine
La haine intergroupes se répand à travers le monde avec la banalisation des discours haineux, la multiplication et la visibilité croissante des actes de haine, ainsi que la tendance du discours politique à présenter de plus en plus les opposants comme des ennemis plutôt que comme des partenaires avec lesquels trouver un compromis. À partir de recherches historiques, économiques, politiques, sociologiques, juridiques et psychologiques, la membre Victoria Esses (Université Western), la spécialiste-conseil Hazel Markus (Université Stanford), le membre Stephen Reicher (Université de St Andrews), la membre Prerna Singh (Université Brown), la membre Allison Harell (Université du Québec à Montréal), le membre Aaron Mills (Université McGill), le spécialiste-conseil Vijayendra Rao (Banque mondiale) et le membre du programme des chercheurs mondiaux CIFAR-Azrieli Matt Lowe (Université de la Colombie-Britannique) ont mis au point un modèle de haine intergroupes qui réunit l’ensemble des facteurs formant un cycle de haine qui s’autoperpétue. Le Cycle de la haine en dix raisons transcende les facteurs isolés de la haine pour proposer un cadre qui illustre comment les récits historiques, les conditions contemporaines, la mobilisation politique et la justification morale se renforcent mutuellement. Ce cycle explique pourquoi, une fois enclenchée, la haine intergroupes s’intensifie et est légitimée, et propose de nouvelles orientations passionnantes pour des interventions coordonnées susceptibles de s’attaquer à plusieurs composantes du cycle, ainsi que des possibilités de mise au point de systèmes de prévention et d’alerte précoce pour détecter et contrer la haine intergroupes avant qu’elle ne soit mobilisée. Le Cycle de la haine peut s’appliquer à divers contextes, dont l’intégration des personnes immigrantes, le soutien aux politiques et programmes en matière de DEI, et le développement international.
L’intégration des personnes immigrantes et le Rapport sur le développement dans le monde
La coresponsable Irene Bloemraad (Université de la Colombie-Britannique), la membre Victoria Esses (Université Western), le coresponsable Will Kymlicka (Université Queen’s) et le membre du programme des chercheurs mondiaux CIFAR-Azrieli Yang-Yang Zhou (Université de Dartmouth) ont fourni des conseils pour la rédaction d’un chapitre du Rapport sur le développement dans le monde 2023, la principale publication annuelle de la Banque mondiale en matière d’orientation stratégique, qui examine comment les personnes migrantes et réfugiées peuvent contribuer à l’atteinte des objectifs de développement mondial. Intriguée par la nouvelle approche du programme Frontières, groupes et appartenance en matière d’intégration des personnes immigrantes, la Banque mondiale a invité ces scientifiques à rédiger un document de référence complémentaire afin d’approfondir leur approche interdisciplinaire. Cette approche remet en question la notion de « distance culturelle », présente divers modèles d’intégration et soutient que la réussite de l’intégration des personnes migrantes passe par des changements interpersonnels, politiques et sociétaux sur le plan des attitudes, des actions et des notions d’appartenance.
Fondation
2019, 2026
Collaborations interdisciplinaires
Science politique
Droit
Psychologie
Sociologie
Économie
Histoire
Philosophie
Personne-ressource